Ruximik Qak'u'x: Relacionalidades Ineludibles en el Arte Escenico De Grupo Sotz'il / Inescapable Relationalities in Grupo Sotz'il’s Performance Practice

Auteurs-es

  • María Regina Firmino Castillo
  • Daniel Fernando Guarcax González
  • Tohil Fidel Fidel Bernal

DOI :

https://doi.org/10.17742/IMAGE.CR.10.1.5

Mots-clés :

Kaqchikel Maya, Mayan Performance, Relationality, Grupo Sotz'il, Dance Studies, Performance Studies, Indigenous Studies

Biographies de l'auteur-e

  • María Regina Firmino Castillo
    María Regina Firmino Castillo: Au travers des mots, des objets, de la lumière et des sons, je me fais—quelquefois—comprendre. Dans mon activité, on m’a appelée artiste, chercheure, enseignante, organisatrice et ouvrière culturelle, et plus récemment, professeure. Je suis née au Guatemala, mais j’ai traversé des frontières toute ma vie. Mes ancêtres qui vivaient à la frontière de ce qui est maintenant le Salvador et le Guatemala étaient probablement des Nahuas/Pipiles dont la culture autochtone avait été effacée. Il est aussi très probable que j’aie des ancêtres dans la péninsule ibérique, un endroit d’échanges intensifs avec l’Afrique du nord. Je sais cependant que mon père, de nationalité italienne, a émigré au Guatemala après la Seconde Guerre mondiale. Ecrivant en Californie du sud, où je réside désormais, je me considère comme ex-ladina, ex-latinx et ex-mestix en raison de la fluidité avec laquelle ces termes peuvent être employés d’une manière que je ne souhaite pas. Par conséquent, au point où je suis dans le temps et dans l’espace, je m’efforce de devenir une personne parmi d’autres personnes, à la fois humaine et autre qu’humaine, ici-bas, sur cette planète que certains nomment la Terre. Un jour, j’aimerais devenir une chanson (comme celle que le troubadour socialiste cubain chantait au sujet de Mariana). Dans cette collaboration, je suis un mélange d’interlocuteur, de provocateur, et de bricoleur. J’écoute; je pose des questions; je cherche; j’ajoute; je supprime et j’ajuste; je traduis. Mais par dessus tout, je juxtapose pour créer. Ce faisant j’essaie de ne pas occuper trop d’espace ou d’usurper les voix qui parlent en moi ou qui passent à travers moi, tout en les honorant. Cela dit, c’est à moi et moi seule que sont attribuables les défauts de ce travail.
  • Daniel Fernando Guarcax González

    Daniel Fernando Guarcax González: Mon individualité est formée de modèles de relationnalité Kaqchikel Maya et mon existence a toujours été enracinée dans la communauté, commençant avec ma famille, puis, depuis dix-huit ans, en tant que membre du Grupo Sotz’il, un collectif consacré au développement du concept maya de xajoj q’jjom Xajoj q’jiom qui souligne l’interdépendance entre “dance” et “musique” qui dépasse les concepts initiaux de danse et de musique. L’établissement d’une théorie du concept de xajoj q’ojom constituera une de mes principales contributions à cette collaboration. J’ai toujours été et continue d’être un ajxonel ajq’ojomanel (danseur-musicien), ce en quoi je suis reconnaissant à ma mère et à mon père, à mes grands-parents, aux grands-parents de mes grands-parents et à mes maîtres, Kaji’Imox et B’eleje’ K’at, les derniers dirigeants au moment de l’invasion espagnole en 1524 et les chefs de la résistance anti-coloniale. Grâce à eux, à ma ch’umilal (étoile) et à tout ce qui passe autour de moi, et à travers moi, je suis ici aujourd’hui et je continue à devenir un ajxajonel ajq’ojomanel, remplissant en cela mes engagements politique, social et spirituel. A travers cette expérience, ma voie, je continuerai à musicaliser les espaces, et à façonner les mouvements dans le temps. Je ne suis qu’un des nombreux ajxajonel aiq’ojomanel du passé, du présent et du futur.

  • Tohil Fidel Fidel Bernal

    Tohil Fidel Brito Bernal: Il m’est difficile de me catégoriser, en conséquence je ne commence pas avec ce que je suis, mais avec ce que je fais. Je travaille en gardant à l’esprit que l’art est l’instrument du savoir et de la communication; j’utilise donc ce qui est nécessaire, que ce soit le dessin, la peinture, la céramique, la sculpture souvent en contrepartie de l’arte-acción ou de la représentation. Je plante aussi des jardins quelque soit l’endroit où je me trouve. Bien que je fasse cela pour nourrir ma famille et moi-même, et pour gagner ma vie, je considère cette activité comme un art, une pratique spirituelle et un acte de résistance. Mon nom à l’Etat-civil est Fidel. Mais Tohil est qui je suis; c’est le nom que je revendique et qui me revendique car c’est le nom que m’a donné mon père Achi avant sa disparition au cours de la guerre génocide menée par l’Etat contre la majorité autochtone du Guatemala. Ce nom rétablit une filiation directe avec le peuple auquel j’appartiens. Je suis un Maya Ichil et Achi. Je complémente les enseignements que j’ai reçus de ma mère, de ma grand-mère et de ma communauté avec des études en archéologie poursuivies à l’Université de San Carlos au Guatemala ainsi qu’avec une recherche indépendante sur l’épigraphie et l’iconographie maya, sachant que ces archives archéologiques contiennent des traces du savoir que la colonie a tenté d’effacer. Dans cet article, j’apporte ma contribution de diverses manières, notamment par la représentation et l’analyse de l’épigraphie maya de ce qu’on appelle la “danse.” Ma contribution, cependant, est celle d’un artiste qui se livre à des recherches et à des expériences, pas celle d’un archéologue ou d’un linguiste. Ma pratique se consacre à la compréhension de l’art maya dans toute sa diversité—non pas pour contribuer à l’archéologie en tant que telle—mais pour établir un lien personnel avec le savoir de mes ancêtres et pour le partager avec d’autes. Mon art est donc un acte politique puisqu’il reflète un désir obstiné d’existence malgré des siècles de colonialisme, de guerre et de génocide, ainsi que la violence stratégique et l’appauvrissement de la période récente de l’après-guerre. Je comprends mon histoire à travers l’art que je crée. De façon encore plus importante, mon art nourrit le présent et contribue, bien que modestement, à mon avenir ainsi qu’à celui de mon peuple et de ceux avec qui nous partageons cette planète.

Références

Téléchargements

Publié

2019-07-27

Comment citer

Ruximik Qak’u’x: Relacionalidades Ineludibles en el Arte Escenico De Grupo Sotz’il / Inescapable Relationalities in Grupo Sotz’il’s Performance Practice. (2019). Revue D’études Interculturelles De L’image, 10(1). https://doi.org/10.17742/IMAGE.CR.10.1.5